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jeudi 5 mai 2011

Santé et bioéthique



La bioéthique est au cœur de l’actualité et alimente de nombreux scandales. Après une grande discussion à l’Assemblée Nationale le 15 février dernier, la loi bioéthique est à nouveau à l’étude depuis début avril au Sénat. Parmi les thèmes abordés on retrouve : la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires, l’anonymat du don de gamètes, le diagnostic prénatal et la gestation pour autrui. Où en sommes-nous exactement ?

La recherche sur l’embryon et les cellules souches était jusqu’alors totalement interdite. Maintenant des dérogations peuvent être accordées mais ces recherches resteront étroitement surveillées afin de ne pas multiplier et automatiser les naissances de «bébés médicaments».

Concernant l’anonymat des donneurs gamètes, la levée de l’anonymat sera automatique pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2014. Cette décision n’est pas sans conséquence. Elle permettra à l’enfant né d’un don de gamète de mieux connaitre ses origines mais elle diviserait par deux le nombre de donneurs potentiels majoritairement défavorables à la levée d’anonymat.

Une harmonisation du diagnostic prénatal a été votée. Le diagnostic prénatal devait se limiter aux populations à risque mais craignant une rupture d’égalité entre les femmes, dépendantes de l’avis de leur médecin, l’Assemblée Nationale a pris la décision d’automatiser le diagnostic prénatal et donc de le proposer à toutes les femmes. C’est actuellement la décision la plus controversée du projet de loi bioéthique.

La gestation pour autrui était interdite et le restera. L’Assemblée Nationale a promis de faciliter et d’accélérer les procédures d’adoption en France et de valoriser l’aide à la procréation en contrepartie.
Enfin, le transfert port-mortem est maintenant interdit car il a été jugé défavorable pour l’enfant.

Illustration © MR.08 - http://pierredeniziot.hautetfort.com/

mardi 22 février 2011

Bébé médicament et dépistage de la trisomie : remboursés mais contestés


Entre dépistage systématique de la trisomie et naissance de bébé médicament, les Français sont divisés. Là où certains voient une prouesse scientifique et médicale, d’autres s’indignent sur les problèmes d’éthique qui en découlent. Pourtant ces actes médicaux sont entièrement remboursés par l’Assurance maladie et les mutuelles.

Le dépistage de la trisomie est automatique lors d’une grossesse. Il y a quelques années encore, le dépistage de la trisomie était recommandé pour les femmes de plus de 38 ans, aujourd’hui il a été étendu à toutes les femmes.

Grâce à la mesure de la clarté nucale lors de l’échographie et à une prise de sang réalisée à la fin du 3e mois de grossesse, il est possible d’estimer le risque de trisomie. Si les risques sont supérieurs à 1/250, une amniocentèse est réalisée. En plus de rembourser ces examens, l’Assurance maladie et les complémentaires santé les encouragent. La conséquence directe de ces dépistages automatiques est que 96% des personnes atteintes de trisomie ne voient pas le jour.

En 2011, la France a vu naitre son premier bébé médicament. Ce dernier a été conçu pour être compatible avec ses ainés et qui, par le biais d’un don de cellules souches provenant du cordon ombilical, pourra le ou les sauver d’une maladie génétique rare. Ici encore, de l’aide à la procréation au don, les actes médicaux sont entièrement remboursés.

Que ce soit le dépistage automatique de la trisomie ou l’aide à la procréation d’un bébé médicament, ces pratiques médicales sont contestées par les défenseurs des droits de l’homme. Elles sont pourtant autorisées par la loi de bioéthique de 2004.
De l’avancée de la médecine et de la science est née la contradiction. Nous voulons guérir, vivre plus longtemps, être en meilleur santé et avoir des enfants parfaits mais sommes-nous prêts à en accepter les méthodes et les conséquences ?

Illustration © http://large.canalblog.com/archives/2011/02/13/20377320.html
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